cover

4ème de couverture : Un important homme d’affaires est retrouvé sauvagement assassiné dans son appartement de Stockholm. Son corps a été dépecé et la scène du crime peinte au rouleau avec son sang. Plus tard, une femme de la haute société est découverte dans un souterrain, une corde de piano autour du cou. Le fils d’un haut fonctionnaire trouve quant à lui la mort dans une piscine municipale de la capitale. Seul lien apparent : un bouquet de tulipes jaunes laissé sur les lieux des crimes.

La commissaire Jeanette Kihlberg est chargée de l’enquête. Toujours hantée par la mystérieuse Victoria Bergman, elle continue simultanément ses recherches dans l’affaire classée de jeunes sans-papiers assassinés et fait appel à la psychothérapeute Sofia Zetterlund pour établir un profil du meurtrier. De son côté, Sofia continue son autothérapie pour tenter de reprendre le contrôle d’elle-même mais ses absences ne font que s’intensifier. Pendant ce temps, Victoria Bergman mène sans relâche sa croisade contre les faibles...

ATTENTION : SPOILER : ne pas lire si vousn'avez pas fini le tome 1 mentionné ici 

 Mon avis : Et voilà une 2ème tome achevé sur une faim grandissante ! 
Mais avant la fin qui donne faim : le début : les antipasti comme on dit. On retrouve Jeanette dans une nouvelle vie : affranchie de Ake, elle doit se réconcilier avec son fils après son étrange accident (lequel clôturait le tome 1) et apprivoiser ses colères. Celle de son divorce en cours, et celle de cette enquête classée sans suite sur les enfants. Elle y remédiera en travaillant sur de nouveaux meurtres et en continuant de fouiner sur les précédents. Bientôt des convergences apparaitront mais pas assez encore pour que Jeanette  COMPRENNE.  Elle demande l'aide de Sofia.
Sofia me semble la grande absente de ce livre. Ne comprenez pas qu'elle n'y est pas : si, si,  Mais elle est bien trop submergée par Victoria, à mon goût. Elle s'efface. Je l'ai trouvé donc assez faible, mais parallèlement particulièrement vicieuse auprès d'une Jeanette de plus en plus amoureuse. Victoria est quant à elle plus redoutable que jamais, et on en apprend encore sur son adolescence et ses travers. Le rythme s'accélère dans ce tome très sanglant. On va de crimes violents en découvertes anecdotiques, de compréhension en nouvelles incertitudes. Rien n'est sûr. Si ce n'est qu'après ce que a vécu Victoria, on comprend qu'elle en soit arrivée là. Une certaine empathie. Mais pas que... L'étau se resserre autour d'elle, mais celle qui s'en inquiète est Sofia. D'autres visages s'affichent et se dévoilent à Sofia. Victoria les lui révèle. Et si Sofia qui n'était pas la première ne demeurait, au terme, par la dernière ? Et puis la fin arrive, porteuse d'un appétit nouveau, qui vous laisse comprendre que Victoria n'est pas tout à fait ce qu'on croit ! 

(Et là, c'est le drame : je n'ai pas le tome 3 !!  *en pleurs*)

extrait:

"Nous vivons dans un monde d'hommes, répond Sofia. Où Johan ne vaut pas plus qu'un pédophile. Où personne ne vaut plus qu'un pédophile ou un violeur. On ne peut que valoir moins."
Jeanette rit. "Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Eh bien, si on est une victime, on vaut moins que le pédophile lui-même. On préfère protéger l'auteur présumé que la victime présumée. Un monde d'hommes."
Jeanette hoche la tête, sans être certaine de bien comprendre. Elle regarde Johan sur son lit. Victime ? Elle n'a pas encore vraiment osé le penser. Victime de quoi ? Elle pense à Karl Lund­ström. Non, impossible. Elle pense à autre chose.
"Mais au fond, c'est quoi, ton expérience des hommes ? se risque-t-elle à demander.
— Je suppose que je les hais", répond Sofia. Son regard est vide. "Collectivement, je veux dire, continue-t-elle en tournant à nouveau le regard vers Jeanette. Et toi ?"
Jeanette n'est pas prête à se voir ainsi renvoyer la question. Elle regarde Johan, songe à Åke, à ses chefs et ses collègues. Bien sûr, il y a des salauds, mais pas tous. Son monde n'est pas celui dont Sofia parle.
Quelle est donc la part d'ombre de Sofia ?
"Tout tourne autour du fric, du mâle, reprend Sofia sans lui laisser le temps de répondre. Regarde dans ton portefeuille, qu'est-ce que tu trouves ? Un roi, probablement.
— Ou Jenny Lind ? Selma Lagerlöf ? tente Jeanette.
— Des petites coupures de rien du tout. Les touristes prennent Selma Lagerlöf pour un homme. Ils se demandent à quelle dynastie elle appartient : celle des Bernadotte ?
— Tu plaisantes ?" Cela lui semble si invraisemblable que Jeanette en rit.
"Non, pas du tout. Mais je suis une mégère enragée."
L'expression de ses yeux est difficilement déchiffrable.
Haine ou ironie, folie ou sagesse. Quelle différence ? songe Jeanette.